04.03.2012

EPURATION : L'AVEU

À dénoncer l’excès rhétorique, on ignore l’essentiel : l’épuration, c’est la réponse à l’Occupation. Comparer l’élection éventuelle de François Hollande à la Libération, pour Nicolas Sarkozy, c’est donc comparer lui-même son régime à celui du Maréchal Pétain.

La suite ici : http://blogs.mediapart.fr/blog/eric-fassin/020312/epurati...

28.02.2012

NOUVEAU TRAITE, AUSTERITE : 29 FEVRIER "APPEL UNE JOURNEE D'ACTION EUROPEENNE"

DIMANCHE 19 FEVRIER A ATHENES :

 

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"MERCI AU MONDE POUR VOTRE SOUTIEN !!! "

Le 29 février, avec les salariés de toute l'Europe, agissons !

Dimanche dernier, à Athènes, ils étaient plus de 100 000 manifestants devant le Parlement grec pour exiger le retrait du nouveau plan antisocial (baisse de salaire, licenciements massifs dans la fonction publique, augmentation des taxes…) et dénoncer le diktat de la TROIKA (Union Européenne, Banque Centrale Européenne et Fonds Monétaire International).

Voté contre la volonté populaire, il s'agit là du septième « Mémorandum » d'austérité et de destruction de services publics, alors que les six premiers, en deux ans à peine, n'ont fait qu'aggraver la situation ! Cette nouvelle attaque est lourde de menaces pour la démocratie et les droits des salariés, pas seulement en Grèce.

Dans la continuité des politiques de casse salariale déjà engagées, le gouvernement espagnol vient d'adopter une réforme du travail démantelant les droits sociaux et détruisant les emplois. A l'appel des deux principaux syndicats, les travailleurs espagnols descendront dans la rue le 19 février.

Dans le sillage de la Grèce, les salariés Portugais sont eux aussi particulièrement frappés par la crise. En échange du plan de sauvetage de l'Union Européenne, le programme de rigueur envisagé prévoit des hausses d'impôts, une baisse des prestations sociales et plus de flexibilité du travail. En réaction, 300 000 personnes ont manifesté samedi dernier à Lisbonne. D'autres rassemblements sont prévus le 29 février prochain. En France aussi, nous en sommes au deuxième plan d'austérité. La perte du triple A pourrait constituer un alibi pour en justifier un troisième. Ne nous y trompons pas ! La Grèce et le Portugal servent de test. En l'absence de réaction, la France sera la prochaine sur la liste.

Le projet de traité, élaboré sans véritable débat démocratique, qui sera à l'ordre du jour du Sommet européen de mars 2012 renforcerait l'austérité. Son principal objectif est de réduire au maximum les déficits publics quels qu'en soient les impacts sociaux. Il ne relancerait pas la croissance et ne résoudrait pas la crise de la dette souveraine.

Le besoin de gouvernance économique est utilisé dans beaucoup de pays pour justifier la mise en cause des systèmes de relations sociales et de négociations collectives, pour imposer une pression à la baisse sur les salaires, pour affaiblir la protection sociale, le droit de grève et privatiser les services publics.

Parce qu'il est contraire à l'Europe sociale que nous voulons, avec la CES, nous nous opposons à ce projet de traité. Nous avons besoin d'une nouvelle politique monétaire économique et sociale dans le cadre d'une gouvernance économique forte de la zone euro qui donne priorité aux politiques en faveur de la création d'emplois de qualité.

Pour une Europe sociale fondée sur la solidarité, la justice et la cohésion sociale, les organisations syndicales CGT, FSU, Solidaires, UNSA s'engagent dans cette mobilisation en y impliquant largement tous les salariés, partout dans les entreprises et les administrations. Elles appellent à faire du 29 février une puissante journée d'actions passant notamment par des rassemblements et des manifestations interprofessionnelles.

Partout en Europe, des mouvements de résistance se construisent. Le 29 février, la Confédération Européenne des Syndicats appellent les salariés à se mobiliser massivement contre les plans d'austérité. Par l'impulsion d'actions de grève, d'initiatives et de manifestations, les organisations de la CGT ont décidé de tout mettre en œuvre pour assurer la réussite de cette journée et refuser de subir plus longtemps les réformes régressives gouvernementales menées au nom de la sauvegarde des intérêts des marchés financiers.

Plus que jamais la mobilisation reste à l'ordre du jour !

En Ile de France, les organisations syndicales régionales organisent le mercredi 29 février un rendez-vous de mobilisation place de la Bastille :
  12h30 : conférence de presse unitaire
  13h00 : rassemblement et initiative revendicative
  14h00 : départ en manifestation vers Nation
(pour les organisations appelantes).

Premiers signataires de l’appel régional : CGT, FSU, SOLIDAIRES et UNSA

http://www.demosphere.eu/node/28382


16.02.2012

GRECE : A QUAND UN GESTE DE SOLIDARITE DE LA GAUCHE FRANCAISE ?

"La Grèce se révolte contre la Troïka, le Parlement se couche", c'est ainsi que Philippe Cohen titre son article dans Marianne exprimant ce que je ressens face au bilan catastrophique de la gestion européenne à la Merkozie.

 Malgré la démission de six ministres et d'importantes manifestations dit-il, le Parlement grec a adopté l'incroyable plan d'austérité de la Troïka, qui impose une baisse des salaires de 22 % dans le secteur privé. A 23 heures 30, le vote du plan s'accomplissait alors que 100 000 manifestants encerclaient le Parlement et que de nombreux bâtiments, notamment de banques avaient pris feux après des jets de cocktails Molotov.

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Greek Crisis

En ce dimanche 12 février, le Parlement grec devait adopter la dernière feuille de route de la Troïka, d'une insondable cruauté, en fait un chantage pur et simple : en cas de refus du Parlement grec d'adopter ledit plan, la Troïka ne libèrerait pas les 130 milliards d'euros de prêt et les salaires des fonctionnaires ne pourraient pas être versés en mars. Mais ce plan a provoqué une énorme mobilisation à Athènes où dimanche soir, 100 000 (estimation AFP) à 200 000 (France 2) manifestants ont convergé au centre ville et encerclé le Parlement, certains harcelant la police tandis que d'autres mettaient en feu des immeubles de la capitale, 35 selon une estimation diffusée peu avant minuit. Selon des photos expédiées par des reporters et relayées sur twitter, les affrontements semblaient très violents entre manifestants et policiers. Les pompiers ne sont pas parvenus, par ailleurs, à éteindre plusieurs incendies à cause de la présence de manifestants.
A Salonique, deuxième ville du pays, la manifestation a rassemblé 20 000 personnes et une demi- douzaine d'établissements bancaires ont été incendiés. Conclusion de Mikis Theodorakis qui a rejoint les manifestants : " Les députés s'apprêtent à voter des mesures qui vont conduire à la mort de la Grèce (...) mais le peuple ne va pas céder "

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Le peuple peut-être pas mais ses représentants ont voté le plan vers 23 heures. Ainsi la coupure est peut-être devenue définitive, entre une assemblée qui obéit à une troïka illégitime contre ceux qui l'ont élue.

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Avant même les manifestations du jour, la plan avait provoqué la démission d'une demi-douzaine de ministres. En avril 2010, un premier plan d'austérité avait imposé une hausse de la TVA à 23%, la suppression de deux mois de salaire pour les fonctionnaires, ainsi que le gel de leurs salaires pour trois ans. En novembre dernier, Papandreou avait dû céder la place à un ancien dirigeant de la banque centrale européenne, Papademos, après avoir brandi la menace d'un référendum refusé par Nicolas Sarkozy et Angela Merkel.

Las, trois ans d'austérité ont plus que démontré l'impéritie des remèdes de cheval prônés par la Troïka formée par l'Union européenne, la BCE et le FMI. Le déficit de la Grèce et la dette souveraine du pays n'ont fait que se creuser alors que l’État a bradé ses « bijoux de famille ». L'économiste Karine Berger a résumé la situation sur son blog  : « La dette grecque est passée de 263 milliards en 2008 à 355 milliards en 2011. Le Pib grec est lui passé de 233 milliards à 218 milliards. Le chômage de 8% à 18%. Et avec un taux d’intérêt officiel à 32%, il va de soi que la Grèce ne peut plus se financer du tout sur les marchés ». Quiconque revient de Grèce est catastrophé par l'observation concrète de ce qui se passe dans le pays et que raconte régulièrement dans ces colonnes le blogueur Greek Crisis, Panagiotis Grigoriou, historien et ethnologue. 

Mais l'aveuglement et l'indifférence au réel est l'une des caractéristiques les plus remarquables de l'idéologie. D'où l'incroyable plan d'économie de 3 milliards d'euros imposé par la Troïka et dicté en fait par Angela Merkel : une baisse des salaires dans le secteur privé de 22% via une diminution du Smic et le rabot d'un certain nombre de conventions collectives,  la suppression dans l'année de 15.000 emplois publics et des coupes sur certaines pensions de retraite. Ceci alors que durant les deux dernières années, les salaires nets ont reculé en moyenne de 14,6 %, et de près de 30% dans l’industrie du tourisme sinistrée.

Ce nouveau plan aboutira à plafonner le Smic à 600 euros dans un pays où les prix ont continué à augmenter, notamment à cause de la hausse de la TVA. Mais même à ce tarif, les salariés grecs seront encore loin d'être aussi compétitifs que les ouvriers chinois restés scotchés, eux à un salaire mensuel de 100 euros ou un peu plus.

C'était en 1967. Le peuple grec venait de subir un coup d’État. Et quand on était de gauche, il était de bon ton de ne pas, de ne plus se rendre en vacances dans ce pays qui subissait le joug de la dictature des colonels. Plus tard on apprit que les boycotts de dictature pouvaient s'avérer contre-productifs,  contribuant à couper la population dominée du monde. Qu'importe, cette réaction marquait la solidarité des gens de gauche. 
Nous ne sommes plus - ou pas encore, les Grecs parlent pourtant d'une nouvelle dictature - au temps des colonels. Mais  on attend vainement un geste de solidarité des dirigeants de la gauche. La Grèce est bien absente des discours de François Hollande et d'Eva Joly, qui évoquait  enfin dimanche soir la situation grecque sur twitter. La gauche devrait pourtant méditer l'aventure des socialistes grecs qui pèsent aujourd'hui moins de 10% dans les sondages ! Dimanche soir sur France 2, François Bayrou a été contraint de se désolidariser de la politique européenne. Il aurait fallu selon lui étaler dans le temps la dette grecque et lui octroyer des taux d'intérêt qui lui permettent de rembourser sans étrangler l'économie.

En réalité, la situation de la Grèce devrait susciter l'émotion bien au delà de la gauche : la mécanique d'austérité et de baisse des salaires dans le privé - un comble dans une économie de marché ! - devrait provoquer un débat dans tous les partis français et même européens. Cette même mécanique d'austérité absurde, qui ruine les comptes publics en accentuant les déficits qu'elle prétend réduire, est mise en place dans toute la périphérie de l'Europe - au Portugal, en Irlande - sans rencontrer beaucoup plus de succès : il y avait encore plus de manifestants à Lisbonne  qu'à Athènes, où ils étaient plusieurs dizaines de milliers malgré les grèves des transports. Jusqu'où Nicolas Sarkozy et Angela Merkel poursuivront-ils une politique économique  dont l'échec crève les yeux et qui va entrainer l'Allemagne et la France dans la récession ? Le réveil des peuples d'Europe a peut-être commencé ce dimanche à Athènes. Il faut en tout cas l'espérer pour enrayer la mécanique mortifère de Merkozie.

http://www.marianne2.fr/La-Grece-se-revolte-contre-la...