17.04.2012
Eurex : Sarkozy ou une politique de la terre brûlée !
Ce lundi 16 avril 2012 à six jours du premier tour de l'élection présidentielle, Eurex spécialiste des produits dérivés lance un contrat à terme sur les obligations d'État françaises, nouvel instrument de spéculation sur la dette française, les acteurs des marchés financiers gagnant au multiple. Encore une fois, le laxisme politique du chef de l’État sourd et aveugle opère d'une amnésie en l’occurrence du ministère de Bercy où son ministre "fantôme" banalise cette arme de destruction massive qui "nuit gravement à la santé" d'une France en surendettement chronique.
Oui, il s'agit d'une politique de la terre brûlée mettant en danger nos finances publiques au moment où la réélection du président-candidat devient un cauchemar et où l'intérêt collectif se résume à laisser des peaux de banane sur le chemin du prochain président élu démocratiquement. Une façon de plus de souiller la démocratie et le rêve citoyen. Inutile de rappeler le discours de F. Fillon alertant que si la gauche est au pouvoir une catastrophe financière s'en suivrait. Tout semble orchestré pour attiser l'envie d'en finir avec les ennemis de la finance autrement dit avec l'ensemble de la gauche française !
[ On sait maintenant que le gouvernement est impliqué.
Selon Marianne, cette opération qui pourrait mettre en danger nos finances publiques a été réalisée avec l'approbation des autorités françaises...
Voici ce qu'écrivent les journalistes Philippe Cohen et Hervé Nathan : " Selon nos informations, l’Agence France Trésor (AFT), qui gère les émissions de dettes, a été informée à la mi-mars des intentions d’Eurex. Si l’administration française ne peut légalement s’opposer à une initiative entièrement privée, comme l’a souligné François Baroin, le ministre des Finances, dans un communiqué, il ne semble pas qu’elle ait demandé à Eurex de différer l’ouverture de son «future sur OAT 10 ans» au lendemain des échéances politiques. Elle n’a pas non plus essayé de convaincre les banques spécialistes en valeur du Trésor (SVT), dont fait partie la puissante Deutsche Bank, et qui seront les premières utilisatrices du contrat OAT, d’agir dans ce sens. "
Notre actuel gouvernement n'a donc rien fait pour différer, voire empêcher la manœuvre. Pire : "Il a non seulement laissé se créer un marché dérivé de sa dette, mais il a accepté que le contrôle de ce marché stratégique lui échappe ! Car s’il y a spéculation sur la dette, ou malversation, ou simplement des doutes sur les transactions, ce n’est pas l’AMF qui sera compétente mais son homologue allemande, la BaFin, puisqu’Eurex est une entreprise basée à Francfort. ]
http://www.actuchomage.org/2012041520322/Social-economie-...
Pour Pascal Canfin, eurodéputé EELV, le nouveau contrat à terme prochainement proposé par Eurex, risque d'accroître la spéculation sur la dette française.
[ Non, Goldman Sachs ne vient pas d'inventer un nouveau produit financier, mais il s'agit d'une décision prise directement par l'agence France trésor (AFT), un service de Bercy en charge de placer la dette française. L'AFT a en effet autorisé Eurex - une bourse allemande spécialisée dans les produits dérivés - à commercialiser un produit "future" sur la dette française. Autrement dit, l'Etat français donne son feu vert pour acheter ou vendre à terme de la dette française, ce qui permet de se couvrir contre le risque lié à la détention d'obligations françaises mais aussi, et c'est là le problème, de spéculer sur l'évolution des taux d'intérêt français. ]
http://www.latribune.fr/opinions/tribunes/20120412trib000...
Voir ici l'article de Martine Orange :
http://www.mediapart.fr/journal/economie/110412/la-financ...
Il faudrait excuser Eurex et ces opérateurs de précipiter à court ou moyen terme la France dans le décor, ne se doutant pas que nous étions en période électorale et le Figaro, presse "bien engagée" de surfer sur un "oui/non" ou "remède pour notre économie/peut-être une spéculation supplémentaire"
C'est du délire éveillé cette soumission à la finance encouragée par un président-candidat dont le zèle à la tâche ne fait aucun doute !
http://www.mediapart.fr/journal/economie/160412/eurex-ber...
06:19 Publié dans EUROPE ECONOMIQUE ET SOCIALE | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
31.03.2012
Pétition pour un référendum : avec le MES et le pacte budgétaire une Europe totalitaire

Comme pour le traité ACTA, l’Europe et quelques édiles nationaux préparent un nouveau traité – qui s’imposera donc aux Constitutions nationales – dans la plus grande discrétion : MES (ou Mécanisme européen de stabilité). Cette nouvelle institution, prévue pour juillet 2013, remplacera le Fond européen de stabilisation financière et soutiendra les États membres de la zone euro sur lesquels pèsent des difficultés financières importantes. Pour y parvenir, le MES bénéficiera d’une garantie de 500 milliards d’euros apportée par l’ensemble de ces États. Il sera dirigé par le Conseil des gouvernements, composé des ministres des finances des pays de la zone Euro.
D’après le communiqué de presse, rien de bien choquant. Et pourtant…
Pour parvenir à mobiliser ses 500 milliards d’Euros, le MES va se constituer un capital total de 700 milliards d’euros, composé de 80 milliards d’euros de capital libéré et de 620 milliards d’euros de capital appelable. Comment va-t-il trouver cet argent ? C’est là que l’histoire devient intéressante… Le MES aura autorité pour réclamer un financement aux États nationaux, « irrévocablement et sans conditions » et sous sept jours ! Les parlements et les banques centrales n’auront pas leur mot à dire… Voilà une belle façon d’associer les peuples à des décisions d’importance ! Bien entendu, le capital pourra être augmenté à tout moment. Pour les récalcitrants, le MES aura autorité pour imposer des sanctions…
Une fois l’argent récupéré, il pourra être distribué aux États en difficulté. Le MES deviendra créancier à la place des autres États membres. Mais comme pour tout prêt d’argent, il sera accompagné de conditions particulières… Ainsi, le MES travaillera avec le FMI pour élaborer les programmes de remboursement, avec toutes les dérives qu’on connait vis à vis des services publics, des programmes sociaux et du quotidien de millions de gens…
Une institution intouchable
Le pire reste à venir. Le MES, ses dirigeants et son personnel jouiront d’une immunité juridique totale. Comprenez : ils ne pourront être inquiétés par les lois et la justice d’une quelque manière, quelque soit leur action. Les documents produits par cette entité seront confidentiels et, encore une fois, les citoyens de chaque pays membre n’auront pas la possibilité de lever le petit doigt.
Cette immunité est presque un aveu des choses désagréables qui vont nous arriver si nous ne réagissons pas. En effet, cette institution sera autorisée à réclamer des sommes colossales aux États comme le nôtre, »irrévocablement et sans conditions », sans être responsable devant les parlements ou la justice… Même s’ils nous tondent (légalement), le message est clair : « restez calmes, vous ne pouvez rien faire ». Est-ce là une forme démocratique, respectueuse de la souveraineté des États de la zone Euro ou est-ce la création d’une entité hégémonique aux pouvoirs conséquents, irresponsable et incontrôlable ?
Nous votons en mai-juin 2012 pour choisir nos représentants nationaux… mais en juillet 2013, quel pouvoir leur restera-t-il vraiment si ce traité est adopté ?
Réagissez :
19:00 Publié dans EUROPE ECONOMIQUE ET SOCIALE | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
SIGNEZ L'APPEL EUROPEEN CONTRE LA DICTATURE FINANCIERE !
APPEL EUROPEEN CONTRE LA DICTATURE FINANCIERE
(la traduction de l'appel suit en italien plus bas - la traduzione dell'Appello segue in italiano più basso)
Une crise sans précédent aggrave les inégalités sociales et la pauvreté et entraîne l'Europe vers une catastrophe imminente
Nous, citoyennes et citoyens d'Europe, affirmons que cette crise n'est pas fatale comme on voudrait nous le faire croire : des solutions existent et elles doivent auourd'hui être imposées par les peuples. Devant l'irresponsabilité de nombreux gouvernements qui font payer aux citoyens la folie des vrais responsables de la crise de la dette, à savoir les Marchés financiers, nous appelons à refuser la dictature de la spéculation financière et ses terribles conséquences sur nos vies.
Les politiques actuelles conduisent à une impasse économique
Prétextant la crise de la dette, les gouvernements imposent partout des plans de réduction des dépenses publiques qui détruisent des institutions vitales pour le bien commun : École, Hôpital, Justice, Recherche, Sécurité sociale....
Aprés la crise de 2008, nos dirigeants nationaux et européens s'étaient fermement engagés à limiter les effets dévastateurs de la spéculation financière : ces engagements n'ont pas été tenus ! Pire : la spéculation la plus débridée se déchaîne impunément et mine toute chance de relance économique et de réduction du chômage.
Nous refusons que la finance soit une arme qui broie les peuples au profit des plus riches
Les organismes financiers doivent être au service de la vies sociale et de l'économie, et non l'inverse. Aussi, nous affirmons qu'il faut aujourd'hui changer de politique et de modèle économique.
Nous appelons les citoyennes et les citoyens des pays européens à user de tous les moyens démocratiques et pacifiques dont ils disposent pour imposer les cinq premières mesures suivantes à leurs gouvernements et aux institutions européennes :
- l'annulation des plans d'autérité ;
- l'interdiction de toute spéculation financières aux banques de dépôts ;
- une taxe substantielle sur les transactions financières harmonisée à l'échelle européenne ;
- l'audit indépendant des dettes publiques en vue de leur résorption ou de leur annulation ;
- des réformes fiscales visant à redistribuer équitablement les richesses.
Nous nous déclarons solidaires de tous les Indignés et nous appelons à soutenir, développer et fédérer au niveau européen tous les mouvements de protestation.
A cette fin, nous appelons à occuper chaque dimanche, massivement et pacifiquement, les places publiques des grandes villes. Ces rassemblements hebdomadaires se répéteront aussi longtemps que la volonté des peuples n'aura pas été entendue et respectée. Ils ont vocation à se transformer en véritables forums citoyens pour la reconquête de la souveraineté des peuples. Reprenons en main nos destins pour lutter de façon unie et solidaire contre la dictature financière !
Mille rassemblements populaires pour une Europe des citoyens !
Mille forums citoyens contre la dictature financière !
Signer la pétition à cette adresse :
http://blogs.mediapart.fr/blog/les-invites-de-mediapart/1...
Téléchargement documents pdf en suivant le lien de la pétition.
Charte de l'Appel
1. La signature de cette pétition dont le texte-support est intitulé "Appel européen contre la dictature financière" est ouverte à tous les citoyennes et citoyens âgés de 16 ans ou plus. La pétition comporte les noms et prénoms des signataires, leur ville, leur pays de résidence et leur profession (facultatif). L'adresse électronique, indiquée pour la confirmation de la signature, ne sera pas publiée.
2. Cet Appel a vocation à être diffusé dans les médias locaux, régionaux, nationaux de tous les pays européens, en édition papier ou numérique. Les traductions de cet Appel en langue étrangère doivent être les plus fidèles possibles à l'original. Seules les versions française et anglaise mises en ligne sur le site de Mediapart ont une garantie d'originalité.
3. Cet Appel se veut d'abord citoyen, sans appartenance et sans lien avec des idéologies ou des partis politiques : la pétition ne comporte donc pas de premiers signataires, ni n'en distingue, fussent-ils des autorités morales ou scientifiques. Elle ne se soutient que de l'expression de citoyens "libres et égaux". Seule une rubrique distincte permet de rassembler utilement les signatures collectives (associations, syndicats, partis politiques).
4. Mediapart est le site hébergeur unique de cet Appel qui figurera sur la page d'accueil du Club des lecteur, dans l'édition française aussi bien que dans l'édition anglaise. le journal s'engage à assurer le support technique et la maintenance informatique de la pétition.
5. Sur le site, le décompte du nombre de signatures de la pétition sera transparent, toujours accessible et connu en temps réel. Dans l'éventualité où, suite à un accord entre Mediapart et d'autres médias étrangers, cet appel devait être soumis à la signature sur d'autres sites, le récolement du décompte des signatures sera assuré par l'équipe de Mediapart en coordination avec l'équipe de rédaction du média étranger qui certifiera l'exactitude de son propre décompte.
18:40 Publié dans EUROPE ECONOMIQUE ET SOCIALE | Lien permanent | Commentaires (4) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note